Le recours à une expertise amiable (ou conciliation), si elle s’inscrit dans le respects des conditions de l’expertise judiciaire*, peut se révéler la solution la plus économique à la résolution des problèmes rencontrés ou d’un litige naissant.
Pour que l’expertise conserve son caractère opposable, il est nécessaire de veiller autant que possible à respecter ces deux principes.
Le premier a trait au respect du caractère contradictoire du procès. Cela peut paraître prématuré de faire référence au procès alors même qu’on chercherait à l’éviter. Pourtant, en regard du coût que représente une expertise, il est raisonnable de s’assurer que les frais exposés puissent avoir une utilité quant à la résolution du litige. Si la conciliation amiable devait échouer, le litige aboutirait immanquablement devant un juge. Ce dernier, en présence d’une expertise soigneusement menée, en respect des principes fondamentaux du procès et en application de l’art. 875 bis du code civil, pourrait décider de faire l’économie d’une nouvelle expertise. C’est pourquoi il est préférable que l’expert soit inscrit sur le registre des experts judiciaires.
Le second a trait à l’indépendance et l’impartialité (la neutralité) de l’expert, nous en détaillons les grandes lignes sous le paragraphe traitant des causes de récusation de l’expert (expertise judiciaire).

Nous recommandons, avant de faire appel à l’expert, de dresser une liste des problèmes que vous soumettez à la partie adverse. Les points litigieux peuvent servir de base à définir une mission, tout comme vous pouvez définir les contrôles et vérifications que vous estimez nécessaire. Il est, de notre avis, indispensable d’obtenir l’accord de toutes les parties sur la désignation et sur l’étendue exacte de sa mission que vous confierez à l’expert. Tout comme il convient de fixer celle(s) qui supportera(ont) ses honoraires.

Dans le cadre d’une expertise amiable, il est préférable que la partie qui est chargée de prendre contact avec l’expert veille systématiquement à mettre en copie de chaque courrier toutes les autres parties. Dans le même ordre d’idée et pour se prémunir de toutes contestations futures, nous recommandons que les échanges se déroulent exclusivement par mail ou par courrier ordinaire.
L’expert évalue, à l’entame de sa mission, les délais et les montant des honoraires à prévoir (pour autant que cela soit possible).
La mission d’expertise et la désignation de l’expert (ou d’un collège d’expert) par le consensus des parties caractérise l’expertise opposable amiable. Elle se distingue de l’expertise judiciaire où le tribunal, par jugement avant dire droit, ordonne l’expertise en désignant un expert et en fixant sa mission.
Pour les raisons que nous venons d’évoquer, il est préférable qu’elles s’organisent avec la même rigueur.

*cela n’est pas obligatoire mais recommandé.